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Taux de change du RMB : la BPC réaffirme la fermeté de son cadre et sa responsabilité de grande puissance

9 oct.
4 min de lecture

9 octobre 2026



Le 8 octobre 2026, la Banque populaire de Chine (BPC) a réaffirmé sa position sur le taux de change du RMB. La Chine maintient un régime de change flottant géré, fondé sur l’offre et la demande du marché et sur la référence à un panier de devises. La BPC souligne le rôle décisif du marché dans la détermination du taux de change.


Cette déclaration intervient alors que les déséquilibres économiques mondiaux s’accentuent et que le RMB suscite un débat croissant. Elle confirme la ligne de Pékin : laisser le marché orienter le taux de change, tout en préservant un cadre de gestion garantissant la stabilité.


Un régime sans objectif de change prédéfini


La BPC précise qu’elle ne fixe aucun niveau cible pour le RMB et qu’elle n’intervient pas pour infléchir sa tendance de long terme. Sa politique vise à préserver la flexibilité du taux de change et ses fluctuations dans les deux sens. La Chine ne mène d’ailleurs plus d’interventions régulières sur le marché des changes depuis 2017.


Depuis 2010, le RMB a connu plusieurs cycles d’appréciation et de dépréciation, avec des fluctuations bilatérales plus marquées et une flexibilité accrue. Selon Wen Bin, économiste en chef de la China Minsheng Bank, la monnaie chinoise a traversé trois cycles d’appréciation et trois cycles de dépréciation face au dollar, dans une fourchette comprise entre 6,04 et 7,35 yuans pour un dollar. L’amplitude de chaque cycle a dépassé 10 %.


Depuis 2025, le RMB s’est apprécié d’environ 9 % face au dollar. Fait notable, alors que les autres devises se sont globalement dépréciées depuis le début de 2026, sous l’effet d’une forte hausse de l’indice du dollar et des rendements des bons du Trésor américain, le RMB a poursuivi sa progression.


La BPC entend par ailleurs renforcer la transparence de sa politique de change en publiant des données plus variées et plus fréquentes. À partir de 2027, elle fournira également davantage de données sur les changes au Fonds monétaire international (FMI).


La compétitivité commerciale ne repose pas sur la dépréciation


Pour la BPC, les performances commerciales de la Chine découlent avant tout du renforcement de la compétitivité de ses industries. La Chine n’a ni besoin ni intention de chercher un avantage concurrentiel par la dévaluation de sa monnaie, et n’a jamais recouru à une dévaluation compétitive.


Dong Ximiao, économiste en chef de Merchants Union Consumer Finance, souligne que les phases d’appréciation du RMB n’ont pas freiné les exportations chinoises. Entre 2005 et 2008, la monnaie s’est appréciée de 21 % face au dollar, tandis que la part de la Chine dans les exportations mondiales progressait de 2,4 points. Entre 2010 et 2014, une appréciation de 10 % s’est accompagnée d’un gain de 2,8 points. Entre 2020 et 2021, une appréciation de 9 % a coïncidé avec une hausse de 1,7 point.


À l’inverse, lors des épisodes de dépréciation de 2016 et de 2022, la part de la Chine dans les exportations mondiales a reculé de 0,7 point à chaque fois. Ces chiffres, selon Dong Ximiao, ne démontrent pas qu’une baisse du RMB stimule les exportations.

Guan Tao, économiste en chef de Huafu Securities, met pour sa part en avant la transformation de la structure des exportations chinoises : elles ne reposent plus seulement sur des produits à forte intensité de main-d’œuvre, mais intègrent une gamme plus large de biens à plus forte valeur ajoutée. Les entreprises se couvrent en outre davantage contre les fluctuations des changes : environ 30 % des échanges commerciaux sont réglés en RMB et près de 30 % des exportateurs recourent à des instruments de couverture. Ces pratiques réduisent la sensibilité du commerce extérieur aux variations de change et devraient continuer à se développer.


Les déséquilibres mondiaux appellent une réponse collective


La BPC attribue les déséquilibres de l’économie mondiale à plusieurs facteurs : l’évolution de la division internationale du travail, les failles inhérentes au système monétaire international, ainsi que la persistance de déficits budgétaires et d’une consommation élevés dans certains pays.


Selon la Banque, imputer uniquement aux taux de change des autres le déclin de leur compétitivité industrielle, le relâchement de leur discipline budgétaire et leurs difficultés structurelles revient à faire porter à autrui le poids de l’ajustement et à se soustraire à toute responsabilité.


Depuis le début du siècle, l’économie mondiale a connu plusieurs phases de rééquilibrage auxquelles la Chine a activement participé, tout en traversant elle-même d’importantes transformations structurelles. Son excédent courant, qui atteignait 9,9 % du PIB au sommet de 2007, a nettement diminué depuis. Dans le même temps, la contribution de la consommation à la croissance est passée de 37 % en 2010 à 52 % en 2025, ce qui a contribué au rééquilibrage de l’économie mondiale.


Le prochain plan quinquennal au service du rééquilibrage


Pour la suite, la BPC indique que la Chine mettra en œuvre les orientations et les mesures prioritaires de son 15ᵉ plan quinquennal. Pékin entend poursuivre la transformation de son modèle de croissance, stimuler la demande intérieure, améliorer l’environnement des affaires, approfondir son ouverture de haut niveau et œuvrer en faveur d’une économie mondiale plus ouverte, plus inclusive et plus équilibrée.


La Chine affirme également vouloir renforcer la coopération économique et financière internationale, participer activement à la réforme de la gouvernance financière mondiale et contribuer à la stabilité de l’économie et des marchés financiers internationaux.

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